Participation du Secrétaire d’Etat au 7e Forum mondial de l’Alliance des Civilisations de l’ONU

M. Harlem Désir, Secrétaire d’Etat chargé des Affaires européennes, a participé au 7e Forum mondial de l’Alliance des Civilisations de l’ONU qui a eu lieu à Bakou du 25 au 27 avril 2016.

Il est intervenu dans le cadre de la première session plénière du Forum portant sur la prévention de l’extrémisme violent.

M. Jean-Marc Séré-Charlet, Directeur adjoint de Nations Unies et Organisations Internationales du Ministère des Affaires étrangères et du Développement international, a fait un discours devant le Groupe des Amis de l’Alliance des civilisations de l’ONU le 26 avril.

Monsieur le Haut Représentant,
Mesdames et Messieurs les Ambassadeurs,
Mesdames et Messieurs,

Je suis naturellement très heureux d’être ici parmi vous aujourd’hui pour poursuivre le dialogue au sein de ce groupe d’amis que nous sommes au sein de l’Alliance des civilisations.

L’Alliance des civilisations a été conçue dès son origine comme un lieu de dialogue, un lieu de réflexion mais aussi comme un lieu d’action, d’actions concrètes et, autant que possible, efficaces. Les initiatives engagées dans cette enceinte sont nombreuses et constituent autant de graines semées pour permettre une meilleure compréhension des autres et des différences culturelles notamment.

L’Alliance des civilisations doit être avant tout un lieu de progrès concrets et non un lieu pour réécrire des concepts déjà abordés dans d’autres lieux ou pour se substituer ou faire doublon avec des enceintes dans lesquelles se déroule un dialogue approfondi ayant des enjeux interculturels.

C’est la valeur ajoutée mais aussi le défi auquel l’Alliance des civilisations est confrontée et à laquelle elle a, jusqu’à présent, réussi à répondre.

Dans ce contexte, le thème de cette réunion de Bakou trouve toute sa pertinence et je remercie à cette occasion les organisateurs et l’Etat hôte pour le travail remarquable qu’ils ont accompli et pour l’efficacité et la gentillesse de l’accueil.

“Vivre ensemble dans des sociétés inclusives : un défi et un objectif” : c’est un enjeu qui s’affirme avec toujours plus de force dans nos sociétés toujours plus mélangées, multiculturelles.

“Vivre ensemble” -je voudrais ajouter, “dans la paix” ou “de façon apaisée”- semble constituer effectivement un enjeu toujours plus urgent et toujours difficile dans notre monde qui apparait à bien des égards comme déréglé.

“Sociétés inclusives” ne fait que faire référence à une réalité qu’il n’est pas difficile d’observer même sans prendre beaucoup de recul. La mondialisation, la circulation des hommes et des idées sont des réalités anciennes mais qui ont connu une forte accélération depuis plusieurs décennies. Les mouvements de migration sont parfois volontaires parfois contraints et les années à venir ne devraient pas voir ce rythme baisser. Il est d’autant plus urgent de continuer à réfléchir et échanger ensemble sur ces questions.

Aux réfugiés pour des raisons politiques s’ajoutent depuis longtemps les migrants économiques, et plus récemment et à l’avenir les déplacés climatiques. Ces mouvements créent des sociétés pleines de diversités qui constituent autant de défis liées à l’acceptation du changement, de l’accueil de l’autre et de ses différences, du respect mutuel. Ce n’est pas nouveau et certaines ont su, avec plus ou moins de succès et de rapidité, s’adapter.

Comme beaucoup de pays, la France fait face à ces réalités et ces défis. Il n’est pas très connu que près d’un tiers de la population française a un grands-parents d’origine étrangère. Les migrations du XX-ème siècle ont été très conséquentes : Mais avec le temps et une volonté déterminée, l’intégration se fait.

Car là est bien l’enjeu. Il faut se donner les moyens de réussir le défi de la diversité. Les échanges d’expérience et de pratiques dans les enceintes internationales sont une source utile et importante d’enseignements et d’inspiration. La France s’est donnée l’objectif de réussir la diversité de sa société mais elle s’est aussi donné les moyens pour y parvenir, à travers un politique active notamment à l’école. Elle a mis en œuvre un principe dans ce but : la laïcité.

La laïcité à la française est souvent mal comprise probablement car partie constituante de l’identité française et moyen de notre vivre ensemble nous la considérons comme un acquis. La laïcité c’est le respect absolu de la liberté de croire, c’est le principe qui garantit a chacun de pouvoir croire ou ne pas croire et de pouvoir exercer son culte tout en préservant la liberté des autres. Ce n’est ni l’ignorance ni le rejet des religions, c’est au contraire la reconnaissance et l’organisation de la place des religions dans l’espace public permettant à chacun de vivre, en paix, sa foi. C’est un vecteur de tolérance et de dialogue, qui s’inscrit parfaitement dans la devise de la France : Liberté, égalité, fraternité.

Pour conclure, je voudrais mettre l’accent sur ce qui nous parait être le principal défi aujourd’hui pour réussir le pari des sociétés de la diversité : la jeunesse et l’école. C’est à l’école que se forment les sociétés de demain, c’est à l’école que s’appréhendent en premier lieu la diversité et les différences culturelles, c’est à l’école [mais pas exclusivement] que commence pour certains le chemin dangereux et parfois mortifère de la radicalisation et de l’extrémisme violent. C’est aussi le lieu où se forme le désir de vivre ensemble, l’apprentissage et la connaissance des valeurs communes d’une société. Bref, ce qui constitue le fondement, pour reprendre l’expression d’Ernest Renan, du plébiscite quotidien de nos sociétés.

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publié le 07/06/2016

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